Julien

Pourquoi ? 50 façons de dire “pluie” en japonais


Konnichi wa !

Nouvel article de notre série “Au fait, pourquoi… ?” pour en savoir plus sur le Japon, sa culture et leurs côtés parfois surprenant ! Au menu aujourd’hui :
Pourquoi y a-t-il plus de 50 mots pour décrire la pluie en japonais ?

Il est un vieux mythe qui dit que les Inuits, vivant dans un environnement enneigé tout au long de l’année, auraient une centaine de termes pour dire “neige“… Même si les linguistes contemporains ont maintenant réfuté cette affirmation, l’idée d’avoir une multitude de terme pour évoquer le même chose reste intéressante.

La langue japonaise par exemple possède un nombre étonnamment élevé de mots pour décrire la pluie ! En effet, environ une cinquantaine de termes évoquant les ondées et les averses ont été relevés dans la littérature et la poésie nippone ! C’est que ça en fait du vocabulaire pour un peu d’eau qui tombe du ciel ^^

Pêle-mêle (et encore je ne vous les mets pas tous ^^):

雨 あめ ame pluie / 白雨 はくう hakuu averse / 急雨 きゅう kyûu averse
俄雨 にわかあめ niwakaame averse / 降雨 こう kôu pluie/précipitations
弱雨 じゃくう jakuu, 小雨 こさめ kosame, 小降り こぶり koburi, 微雨 びう biu petite pluie
小糠雨 こぬかあめ konukaame pluie fine
肘雨 ひじあめ hijiame litt. pluie-coude. Pluie si soudaine que l’on a pas le temps de sortir son parapluie et que l’on se protège avec les bras
煙雨 えんう enu pluie brumeuse
細雨 さいう saiu bruine
多雨 たう tau, 大雨 おおあめ ooame forte pluie
強雨 きょうう kyouu pluie violente
横降り よこぶり yokoburi, 吹き降り ふきぶり fukiburi pluie battante
篠突く雨 しのつくあめ shinotsukuame pluie intense
雨氷 うひょう uhyô pluie givrante
雪交じり ゆきまじり yukimajiri neige fondue
雨露 うろ uro pluie et rosée
涼雨 りょうう ryôu pluie froide
冷雨 れいう reiu pluie fraîche
寒雨 かんう kan’u pluie froide d’hiver
氷雨 ひさめ hisame grêle
夜雨 やう yau pluie nocturne
梅雨 ばいうぜんせん baiu saison des pluies
春霖 しゅんりん shunrin pluie printanière
春雨 しゅんう shun’u légère pluie de printemps
花の雨 はなのあめ hana no ame pluie des cerisiers. Évoque la beauté d’une ondée tombant sur les cerisiers en fleur
五月雨 さみだれ samidare, 緑雨 りょくう ryokuu pluie de début d’été
夕立 ゆうだち yûdachi pluie de soirée estivale, soudaine et tout aussi vite finie, souvent accompagnée de tonnerre.
秋霖 しゅうりん shûrin,秋雨 あきさめ akisame pluie d’automne
凍雨 とうう tôu pluie d’hiver
恵雨 けいう keiu pluie bienvenue
天泣 てんきゅう tenkyû pluie d’un ciel sans nuage

Là où nos langues européennes se contentent d’une poignée de termes usuels pour décrire la pluie, le japonais lui a vu sa palette s’enrichir au fil des siècles.

Mais alors, d’où vient cette richesse linguistique… ?

Et bien elle peut s’expliquer par une combinaisons de facteurs. Le premier est bien sûr climatique !
Le Japon est un pays très pluvieux (plus de 1800 mm de précipitations annuelles, soit le double de la moyenne mondiale). Contrairement aux autres pays d’Asie qui ont aussi une saison des pluies, le Japon n’a lui pas de saison sèche : les ondées tombent tout au long de l’année. Et de surcroît, chaque saison voient ses précipitations apportées par des phénomènes météorologiques différents : les pluies ont donc des caractéristiques différentes. D’où la multiplication des mots pour les décrire…

Cela ne suffit cependant pas pour expliquer pourquoi la langue japonaise a développé tant d’expressions au fil des siècles… Une seconde raison est culturelle !
En regardant de plus près les différents langages du monde, il apparaît clair que les différentes expériences culturelles, historiques et environnementales conduisent à des richesses de vocabulaire différentes pour un même sujet, à des perceptions différentes entre les locuteurs…
Dans notre cas, c’est la civilisation Chinoise, importée du continent à partir du 7ème siècle, qui a poussé les Japonais (d’abord les classes supérieures, puis plus tard le reste de la nation) à s’intéresser à la Nature, au rythme de saisons, et les à exprimer dans des formes d’art différentes – en particulier la poésie. Les Japonais se sont appropriés au fil du temps cet art de la contemplation de la Nature, et l’appréciation de ses changements saisonniers, mensuels, hebdomadaires, voire quotidiens est devenu la caractéristique la plus importante de la culture traditionnelle japonaise.
On peut donc penser que c’est parce que les Japonais, et surtout leurs grands poètes et écrivains, ont su voir et prendre note des phénomènes naturels que tant de variations du mot “pluie” sont nées, dans une tentative de saisir par l’écrit la complexité des averses nippones…

La plupart de ces mots relatifs à la pluie sont bien sûr employés plutôt en poésie – les fameux haïku. La majorité des Japonais ne connaîtra pas de tout la plupart de ces termes… Mais ils ont le mérite d’exister, d’avoir germé dans l’esprit des poètes et des rêveurs qui n’ont de cesse, même aujourd’hui, de vouloir capturer par les mots l’essence de la Nature qui les entoure et les émerveillent.


Mata ne !

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Une Réponse

  1. Watin
    Watin
    2015/02/08 at 12:36 AM |
    Bonjour !
    Très bon article.
    Comment dit-on pluie d’été en japonais ? Natsusame ? Merci de votre aide ^_^
    Grégory.
    Reply

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